Sémantique des systèmes représentatifs
Sous le thème général POUVOIR ET REPRÉSENTATION resté identique en 1978-79 et 1979-80, ont été poursuivies les recherches amorcées en 1977-79 sur le récit historiographique de Louis XIV (structures sémantiques et pragmatiques et modalités d’énonciation) dans sa relation avec la volonté autocratique et l’imaginaire du pouvoir absolu. Mais alors qu’au cours de l’année précédente, quelques textes de Pellisson, Racine et Boileau avaient été étudiés, l’année 78-79 a été entièrement consacrée à l’étude de l’histoire métallique du règne et ce, essentiellement à partir du très riche corpus documentaire fourni par l’ouvrage récemment publié par Josèphe Jacquiot, Médailles et jetons de Louis XIV, 4 vol., Académies des Inscriptions et Belles Lettres, Paris. Une attention particulière a été apportée aux textes de Rascas de Bagarris et de Tallemant ainsi qu’à ceux du Père Menestrier. L’analyse de différents types de médailles a été faite selon leurs divers éléments constituants et en particulier l’évolution des portraits du Roi au droit. Ainsi a été élaboré le modèle d’un récit historique du Monarque absolu à la fois textuel et iconique, se développant syntagmatiquement selon diverses modalités temporelles et sur diverses isotopies mais susceptible d’être construit selon quelques grands paradigmes permettant de définir la structure même de la substance royale. Il a été démontré comment la relation de la médaille historique à la pièce de monnaie assurait à la fois la légitimation de ce modèle et l’authentification du récit qui le manifeste. En 1979-80, visant à explorer la notion d’éloge historique rencontrée précédemment, a été abordée l’étude du discours de louange et de célébration du Roi comme instrument de manipulation et d’assujettissement du destinateur comme du destinataire. Une étude introductive a souligné l’importance des modèles et de la réflexion rhétoriques de l’Antiquité. L’étude du mode épidictique de discours a été menée à la fois chez Aristote et chez les rhétoriciens du XVIIe siècle français. Les mécanismes du discours de célébration ont été étudiés dans le prologue de la Théogonie d’Hésiode, et dans des poèmes de Pindare, aussi bien que dans certains textes sophistiqués. Une attention particulière a été apportée à l’oraison funèbre. Des modèles pragmatiques du discours de flatterie ont été élaborés à partir de récits, fables (La Fontaine) ou contes (Perrault), et éprouvés sur divers textes de Racine et de Bossuet. Parallèlement au cours, le séminaire a été consacré en 1978-79 à la présentation de travaux de recherche concernant les modalités spécifiques de l’énonciation écrite et en 1979-80 au problème général des relations entre espace et discours.
Exposés de conférenciers extérieurs
Prof. Paolo Fabbri, Université de Bologne : « Pour une sémiotique des passions dans le discours d’éloge ».
Prof. René Payant, Université de Montréal : « Histoire et éloge dans l’autoportrait ».
Activité scientifique
Séminaire d’Histoire et de théorie de l’art, École normale supérieure, 1978-79 (2e semestre), 1979-1980 (2e semestre).
Mission d’enseignement et de recherche à l’Université Johns Hopkins, Baltimore USA, sept.-oct. 1978.
Mission d’enseignement et de recherches aux USA, sept.-oct.-nov. 1979 :
Centre international de Linguistique et de sémiotique d’Urbino Italie.
Colloque sur l’Ironie, 1979.
Colloque sur la sémiotique du discours passionnel, 1980.
Congrès sur l’Oralité, 1980.
Mission de conférences à l’Université de Bologne, avril 1980 et aux universités de Neuchâtel, Genève, Lausanne, Suisse, juin 1980.
Conférence et séjour d’études à l’Institut Warburg, Londres, février 1980.
Séminaire au Centre Thomas More, l’Arbresle, décembre 1979.
Articles
Ouvrages